12 janvier 2011

Tunisie, ma famille, mes amis, mes amoures.

Ceux qui me connaissent le savent, j’ai vécu 18 ans en Tunisie,  aussi suis-je triste des événements actuels, des événements prévisibles.

Triste également par  la façon dont les médias français en font état, sans objectivité comme d’habitude quant il s’agit de traiter d’un sujet concernant la Tunisie.

On lit tout et n’importe quoi.

Les événements ont commencé à Sidi Bouzid, rien d’étonnant, il y a toujours beaucoup de violence à Sidi Bouzid.  Je ne me souviens pas avoir un jour pris la route de Sidi Bouzid sans que l’on ne me lance des pierres sur la voiture. Puis, ce fut le tour de Kasserine, loin de Sidi Bouzid, plus étonnant, car c’est une ville pieuse, mais laborieuse et honnête. Et cela s’étend.

Le miracle Tunisien, comme on appelait l’essor de la Tunisie, tenait aussi au fait d’un pouvoir qui avait profité pleinement des délocalisations européennes. L’ouverture de la chine, au départ perçue par les tunisiens comme la possibilité d’obtenir à prix bas des produits inaccessibles autrefois, a malheureusement déclenchée des vagues massives de délocalisation. Et oui, une entreprise qui délocalise une fois, le fera toujours, hier en Tunisie, aujourd’hui en Chine, demain en Birmanie sans doute.

Quand on sait qu’un smic français chargé équivaut à 6 smic chargés en Tunisie et 66 smic chargés en Chine, on comprend tout. Mais en Tunisie, pas d’Assedic, pas de RSA, rien. Juste des mosquées qui aident comme elles peuvent, de l’eau, des cahiers, de la nourriture.

Et des prix, les mêmes qu’en France, avec 150 euros par mois, faites vivre une famille.

Et ces entreprises multinationales qui délocalisent sauvagement, sans se préoccuper de savoir comment vont vivre des ouvriers et des ouvrières  qui ont tout donné à l’entreprise.

Et ces intégristes qui cherchent à en profiter pour prendre le pouvoir par tous les moyens.

Aujourd’hui je pense à Wahid bien sûr, à Khlil et Najiba, qui m’ont tant soutenu quand j’étais malade, à Naji, Khadija, leur famille et leurs enfants, à Eliés qui se remet difficilement d’un accident de voiture,  à Sofien qui vit les événements depuis l’Europe, loin de sa famille, à Walid et ses frères et sœurs, au mariage de son frère, à tous mes amis tunisiens, les français aussi, Gérard, Michel, Fanny, et aux autres, des belges, des iraniens, des allemands …  

C’est en Tunisie que j’ai compris le sens des mots amitié, respect, tolérance, humanisme, d’autres mots aussi, moins amusants et qui entraînent des maux, mais si peu. J’ai reçu tant d’amour en Tunisie, comment ne pas être triste pour ce peuple dans son entier.

Je fais confiance au Président Ben Ali, lui qui en moins de 20 ans à fait passer la Tunisie des années 50 aux années 2010, lui qui a toujours fait que son peuple mange à sa faim, lui qui est le seul rempart contre les montées d’intégrismes.

Mais il ne peut rien seul, il ne peut rien sans l’aide de la communauté internationale, il ne peut rien sans des contreparties financières de ces entreprises multinationales voyoutes,  il ne peut rien sans l’aide du FMI, de l’Europe, de la BEI. Il ne peut rien sans l’octroi de microcrédits de 3 à 4000 euros à destination des femmes tunisiennes, car ce sont elles qui font bouillir la marmite.

Je pense à eux, ma famille, mes amis, mes amoures …

Tunisie, je pense à toi.

 

19 décembre 2010

Le loup dans la bergerie

 Dans un récent coup de gueule, Monsieur le sénateur Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, dénonçait  un délit de « Sal Nom » dont il serait victime dans l’affaire pour laquelle son frère Alexandre est mis en examen et embastillé.

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/jean-noel-guerini-...

La presse, ses adversaires politiques et la vindicte populaire le condamneraient d’avance pour les méfaits de son frérot, alors qu’il ne serait pas informé de ces affaires crapuleuses qui se déroulaient pourtant sous son nez.

Je veux le croire. Etonnant de ma part ? Pas tant que ça.

Les dispositions de 1995 n’empêchent plus un parlementaire d’être inculpé ou mis en examen au titre de l’inviolabilité de l’immunité parlementaire. Donc, après des mois d’enquêtes, d’écoutes téléphoniques, la détention de son frère et les inculpations de notables dont des directeurs de cabinet, si la justice devait lui reprocher un ongle incarné, ce serait déjà fait.

En revanche, je le crois responsable.

En tant que président du conseil général, il est le « gardien du temple ». Il est le garant de la bonne gestion des deniers des citoyens. A lui de mettre en place les bonnes procédures et les bonnes personnes. Il ne l’a pas fait, sans doute victime d’un aveuglement par trop de confiance fraternelle et d’amour familial.

Il est vrai que depuis trente ans, nos élus se bornent à dépenser nos sous, sans se préoccuper de les gérer, augmentant un peu trop vite la fiscalité quand l’argent fait défaut. Ils pensent les recettes intarissables, oubliant que certains se saignent  pour leur permettre de mener un trop grand train.

Il est donc responsable d’une mauvaise gestion.

Et, qui avait le loup dans sa cour et lui a donné les clefs de la bergerie ? Là aussi, il est seul responsable de trop d’optimisme et de négligences impardonnables.

Il coulera beaucoup d’eau dans le Rhône et la Durance avant que le sénateur Jean-Noël Guérini retrouve la confiance des bucco-rhodaniens.

 

 

11 décembre 2010

le risque d'une privation d'espoir

Un évènement important qui passe inaperçu, presque anecdotique, et pouvant faire sourire avec ironie et mépris les démocrates républicains laïcs que nous sommes. 

Pourtant le fait est grave.

 Au pays du fairplay, du respect, de la courtoisie,  le peuple est à ce point en colère, tant il est malmené, bafoué et ignoré par la classe politique,  qu’il s’en prend aux symboles.

 Tous les britanniques savent que la famille royale ne peut rien dans la politique nationale du pays. La reine se bornant à servir de vitrine diplomatique, telle la gouvernante que vous pourriez avoir chez vous et qui s’occuperait d’organiser vos réceptions. Alors comment expliquer cette violence spontanée des étudiants envers son fils ?  Cela n’a ni raison ni but.

Nos peuples de notre vieille Europe sont à ce point asservis par des classes dirigeantes vendues à la mondialisation, qui imposent un nivellement par le bas, écrasant et étranglant les populations afin de servir les lobbies industriels et financiers, en expliquant à ces manants méprisables que cela est pour leur bien, pour éviter des guerres futures éventuelles, pour améliorer les échanges entre les peuples, pour diminuer la couche d’ozone, pour adoucir la peau de leurs gros orteils … mais tout cela est faux, bien sûr. Nos députés, sénateurs, députés européens, ministres, chanceliers  et présidents ne sont mus que par la satisfaction de leurs égos démesurés et l’embonpoint de leurs portefeuilles.

Nos peuples de notre vieille Europe sont à ce point méprisés qu’ils grondent de plus en plus fort.

Cet événement anecdotique est l’annonciation d’un orage qui risque bien de tourner en tempête dévastatrice.

Si l’UE ne change pas très vite son fusil d’épaule, les grondements iront crescendos et c’est le peuple qui finira par épauler des fusils.

A Londres, Rome, Paris, Dublin, Madrid, Lisbonne, Athènes,  les chambres basses et hautes vont bientôt devoir craindre la fureur des sacrifiés.

 

http://www.leparisien.fr/international/video-des-etudiant...